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Crash-test UE 2027 : qui peut vraiment tenir parole ?

Les programmes peuvent-ils être appliqués dans le cadre des traités européens ? Pour chaque promesse : le texte concerné, ce qu'il permet ou interdit, et la marge de manœuvre.

Le principe. Le droit de l'UE prime sur les lois nationales (arrêt Costa c/ ENEL, 1964). Une promesse qui le contredit ne peut s'appliquer que si les traités changent, ou si le pays en sort. Beaucoup de promesses sont pourtant compatibles : la grille ci-dessous les distingue.

La France seule, la France dans l'UE : face à face

Assemblée nationale (Palais Bourbon), Paris
La France seuleAssemblée nationale (Palais Bourbon), Paris
Commission européenne (Berlaymont), Bruxelles
La France dans l'UECommission européenne (Berlaymont), Bruxelles
La France seule
Sujet
La France dans l'UE
France seule

Le Parlement et le gouvernement français font la loi, sans norme européenne qui la dépasse. La Convention européenne des droits de l'homme ne dépend pas de l'UE : elle continuerait de s'appliquer.

Qui fait la loi
Dans l'UE

Dans les domaines transférés, la loi européenne (règlements, directives) est décidée à 27 par le Conseil et le Parlement européen, et prime sur la loi nationale (arrêt Costa c/ ENEL, 1964). La France y pèse par son vote et ses députés européens.

France seule

Plus de prélèvement sur recettes (28,8 Md€ prévus en 2026), mais plus de dépenses de l'UE sur le territoire (16,5 Md€ en 2024, hors relance) : il faut financer soi-même ce qu'on veut garder.

Budget
Dans l'UE

La France verse et reçoit. Selon l'Assemblée nationale, elle est le premier bénéficiaire en volume du budget européen, avec 16,5 Md€ de dépenses sur son sol.

France seule

Monnaie, taux d'intérêt et taux de change décidés à Paris. La dette (environ 3 500 Md€) est à convertir ou à rembourser en euros, avec un risque de défiance des marchés.

Monnaie
Dans l'UE

L'euro est partagé avec les autres pays de la zone et la Banque centrale européenne fixe les taux. La France ne peut pas dévaluer seule ; sa dette est libellée en euros.

France seule

Droits de douane et accords commerciaux décidés seule. Avec l'UE, sans accord, ce sont les règles de l'OMC et des contrôles aux frontières.

Commerce
Dans l'UE

Marché unique sans droits de douane entre membres ; politique commerciale commune, négociée par la Commission pour les 27. Environ 59 % des exportations françaises de biens vont vers l'UE (2018).

France seule

Prix, propriété et éventuel monopole fixés seule, sans les directives européennes. Les interconnexions et les débouchés à l'export sont à renégocier.

Énergie
Dans l'UE

Marché européen de l'électricité et interconnexions. La France y est exportatrice nette : 92 TWh en 2025 (provisoire).

France seule

Aides, prix et règles d'importation nationaux, à financer par le budget de l'État (la PAC représente environ 9,1 Md€ par an pour la France).

Agriculture
Dans l'UE

Politique agricole commune, financée par le budget européen : 9,1 Md€ par an pour la France (2023-2027), avec des règles communes de concurrence et de normes.

France seule

Contrôle complet des entrées, sans libre circulation des personnes ; visas et droits de séjour à négocier avec chaque pays, y compris pour les Français à l'étranger.

Frontières
Dans l'UE

Libre circulation des personnes dans l'UE, espace Schengen et règles communes aux frontières extérieures. Un État peut rétablir des contrôles temporaires aux frontières intérieures pour des motifs de sécurité.

France seule

La dissuasion nucléaire reste nationale. Les coopérations industrielles et les financements européens de défense seraient à renégocier.

Défense
Dans l'UE

La dissuasion reste nationale aussi dans l'UE. L'OTAN, distincte de l'UE, reste le cadre de défense collective de la plupart des États membres ; l'UE finance et coordonne des projets de défense.

Place du Palais Bourbon, Paris
Où la loi se vote en FrancePlace du Palais Bourbon, Paris
Hémicycle du Parlement européen, Strasbourg
Où la loi se vote à 27Hémicycle du Parlement européen, Strasbourg

Photographies : Wikimédia Commons, licences libres (auteurs sur la page Crédits photographiques). Les drapeaux sont de simples illustrations : ce site n'est affilié ni à l'Union européenne ni à l'État.

Que ferait la France seule ? La souveraineté et son prix

Lire cette page. Elle ne dit pas s'il faut rester dans l'Union européenne ou en sortir. Elle montre ce que signifierait, concrètement, que la France fasse seule ce que l'UE fait aujourd'hui : ce qu'elle retrouverait, ce qu'il faudrait reconstruire, et ce que disent les sources. Chaque chiffre est daté et sourcé ; « à vérifier » signale une source secondaire.

Le chemin juridique : sortir, étape par étape

  1. 01

    La Constitution

    L'article 88-1 de la Constitution inscrit la participation de la France à l'Union européenne. Quitter l'UE suppose donc de réviser la Constitution (ou de le faire valider par le peuple), puis de décider la sortie. Les juristes divergent sur la procédure exacte : à vérifier avec une analyse de droit constitutionnel.

  2. 02

    La notification

    L'article 50 du traité sur l'Union européenne permet à un État de notifier au Conseil européen son intention de se retirer. C'est une décision unilatérale : aucun accord des autres États n'est requis pour la prendre.

  3. 03

    La négociation de deux ans

    L'Union négocie avec l'État un accord de retrait. Les traités cessent de s'appliquer à la date d'entrée en vigueur de cet accord, ou deux ans après la notification à défaut, sauf prolongation décidée à l'unanimité avec l'État concerné.

  4. 04

    Ce que l'accord ne règle pas

    L'article 50 organise le retrait, pas la suite : la relation commerciale future, la monnaie, la dette et les frontières se négocient ensuite ou se subissent. Le Royaume-Uni a notifié en mars 2017 et n'est sorti qu'en 2020, puis une période de transition a couru jusqu'à fin 2020 (dates à vérifier).

Domaine par domaine : ce que la France retrouverait, ce que cela coûterait

Budget : la contributionLa France ne paierait plus de prélèvement sur recettes au budget européen (28,8 Md€ prévus en 2026).
Ce que la France retrouverait

La France ne paierait plus de prélèvement sur recettes au budget européen (28,8 Md€ prévus en 2026).

Pourquoi c'est difficile

Elle perdrait aussi les dépenses de l'UE sur son territoire (16,5 Md€ hors plan de relance), dont la PAC et les fonds de cohésion : il faudrait les remplacer par des crédits nationaux, ou y renoncer. L'écart entre les deux (environ 12 Md€) n'est pas la « contribution nette » officielle : il ne compte ni les droits de douane versés à l'UE, ni les bénéfices indirects du marché unique.

Commerce : le marché uniqueUne politique commerciale nationale : droits de douane, accords et protections choisis par la France, sans passer par la Commission.
Ce que la France retrouverait

Une politique commerciale nationale : droits de douane, accords et protections choisis par la France, sans passer par la Commission.

Pourquoi c'est difficile

Environ 59 % des exportations françaises de biens allaient vers l'UE en 2018 (chiffre ancien) : sans accord, les règles de l'OMC s'appliqueraient, avec contrôles douaniers et droits. L'expérience du Brexit est discutée : l'Office for Budget Responsibility retient une intégration commerciale à terme 15 % plus faible et une productivité 4 % plus basse que dans l'UE, des hypothèses critiquées par certains économistes.

Énergie : le marché de l'électricitéLa France fixerait seule ses règles de prix et de propriété (retour à un monopole public possible), sans les directives européennes.
Ce que la France retrouverait

La France fixerait seule ses règles de prix et de propriété (retour à un monopole public possible), sans les directives européennes.

Pourquoi c'est difficile

La France est exportatrice nette d'électricité : 92 TWh nets en 2025 (provisoire), soit un record, vendus à tous ses voisins sauf l'Espagne. Se couper du marché européen priverait EDF de ces débouchés et de la sécurité des interconnexions en période de pointe. Les sources ne tranchent pas l'effet sur les factures.

Agriculture : la PACUne politique agricole française, avec ses propres aides, ses prix planchers et ses règles d'importation.
Ce que la France retrouverait

Une politique agricole française, avec ses propres aides, ses prix planchers et ses règles d'importation.

Pourquoi c'est difficile

La France reçoit environ 9,1 Md€ par an au titre de la PAC (plan 2023-2027) : il faudrait les financer sur le budget national, déjà sous contrainte. Les exportations agricoles vers l'UE passeraient sous le régime des pays tiers.

Frontières et immigrationMaîtrise complète des contrôles aux frontières, sans la libre circulation des personnes ni les règles de l'UE sur l'asile.
Ce que la France retrouverait

Maîtrise complète des contrôles aux frontières, sans la libre circulation des personnes ni les règles de l'UE sur l'asile.

Pourquoi c'est difficile

La France peut déjà rétablir des contrôles aux frontières intérieures pour des motifs de sécurité (elle le fait depuis 2015, à vérifier). Sortir de l'UE supprimerait aussi la libre circulation dont profitent les Français à l'étranger et les travailleurs frontaliers, et les droits de séjour réciproques seraient à renégocier.

DéfenseAucun changement de principe : la dissuasion nucléaire française est nationale, et l'OTAN est une organisation distincte de l'UE.
Ce que la France retrouverait

Aucun changement de principe : la dissuasion nucléaire française est nationale, et l'OTAN est une organisation distincte de l'UE.

Pourquoi c'est difficile

L'essentiel des coopérations industrielles et des financements européens de défense serait à reconstruire ou à renégocier ; leur poids exact n'a pas été chiffré dans nos sources.

Retrouver une monnaie nationale : ce qu'il faudrait réussir

C'est la partie que les promesses sous-estiment le plus. Voici, dans l'ordre, ce qu'un retour à une monnaie nationale suppose. Les étapes sont des difficultés, pas un verdict.

02

Le droit de battre monnaie : la « lex monetae »

Définir sa monnaie est un attribut d'un État souverain : c'est la « lex monetae ». Mais le CEPII rappelle que redénominer des contrats en euros serait un long processus, partiel, et conduirait très probablement à des contrôles de capitaux.

Source : CEPII, « Lex monetae : de quoi parle-t-on ? » (relevé le 22/10/2026)· à vérifier
03

La dette : le point le plus dur

En mars 2026, la dette publique atteignait environ 3 536 Md€ (chiffre de l'Agence France Trésor relayé par la presse, à vérifier) et 56 % de l'encours des titres négociables de l'État était détenu par des non-résidents fin 2025. Si la dette restait libellée en euros et que la nouvelle monnaie perdait 20 % face à l'euro, la dette exprimée en monnaie nationale augmenterait de 25 % (calcul du site, hypothèse). Si l'État la convertissait en monnaie nationale, la perte retomberait sur les créanciers, avec un risque de défiance et de taux d'intérêt plus élevés.

04

Les épargnants, les banques, les entreprises

Dès l'annonce, les ménages et les entreprises auraient intérêt à retirer leurs euros ou à les placer ailleurs : une ruée vers les banques est la raison pour laquelle les sources parlent de contrôle des capitaux. Les contrats privés de droit étranger libellés en euros resteraient en euros.

Source : CEPII, « Lex monetae : de quoi parle-t-on ? » (relevé le 22/10/2026)· à vérifier
05

L'inflation importée

Si la nouvelle monnaie se déprécie, les produits importés, énergie fossile comprise, coûtent plus cher en monnaie nationale. C'est le revers de l'argument selon lequel une dévaluation soutiendrait les exportations. Les sources que nous avons trouvées ne chiffrent pas ce choc pour la France.

06

Le temps et la logistique

Fabriquer, distribuer et faire accepter de nouveaux billets et pièces, convertir comptes, prix et programmes informatiques sans fuite préalable est une opération sans précédent pour un pays de cette taille. Nous n'avons trouvé aucune source officielle qui en chiffre la durée ou le coût.

07

Ce que la France retrouverait

La liberté de fixer ses taux d'intérêt, de financer son déficit par sa banque centrale et d'ajuster son taux de change. Le risque est que les marchés sanctionnent ces choix par des taux plus élevés. Aucune de ces trois libertés n'est gratuite, et aucune n'est garantie d'être bien utilisée.

Ce dont la France est capable, quoi qu'en disent ceux qui minimisent sa force

On entend souvent que la France seule ne compterait plus. Voici ce qu'elle possède en propre, avec la source de chaque affirmation (à relire avant d'en tirer une conclusion).

Le point de vue souverainiste, et ce qui lui est opposé

Position défendue, pas constat neutre. Cette section expose la position souverainiste telle que ses défenseurs la formulent : pour chaque domaine, ce qui est constaté, l'argument, la perspective de rupture. Le reste de la page est neutre. Ici, chaque point est présenté en vis-à-vis : à gauche la position souverainiste, à droite les limites et les chiffres qu'on lui oppose (en rouge), suivis de la réponse des souverainistes (en vert), avec leurs sources, pour que chacun juge.

Point de vue1. Qui fait la loi ?

La réalité supranationale

En vertu du principe de la primauté du droit européen (arrêt Costa c/ ENEL, 1964), les règlements et directives décidés à Bruxelles et votés à 27 priment sur la loi nationale dans tous les domaines transférés. Le Parlement et le gouvernement français se trouvent subordonnés à des normes extérieures qu'ils ne peuvent plus contredire unilatéralement.

Position souverainiste

L'argument

Cette subordination vide la démocratie nationale de sa substance : la loi ne s'écrirait plus à Paris selon la volonté des citoyens français, mais dans un cadre technocratique supranational.

La perspective de rupture

Retrouver la plénitude de la souveraineté législative permettrait au Parlement français de refaire la loi sans filtre ni censure européenne. La Convention européenne des droits de l'homme, qui relève du Conseil de l'Europe et non de l'UE, continuerait de s'appliquer.

Limites et contre-arguments

Ce que lui opposent les sources

  • Ces transferts ont été décidés par traités, signés et ratifiés par la France, et la loi européenne est votée par le Conseil, où siège le gouvernement français, et par le Parlement européen, où siègent des députés français.
  • Sur certains sujets (fiscalité indirecte, politique étrangère et de sécurité), les décisions exigent l'unanimité : la France dispose alors d'un veto.
  • Sortir suppose de réviser la Constitution (article 88-1) puis de passer par l'article 50 : deux ans de négociation, prolongeables seulement à l'unanimité.

Réponse des souverainistes aux contre-arguments

  • Le veto n'est qu'une exception : le Conseil légifère à la majorité qualifiée pour environ 80 % des textes, et un pays peut y être mis en minorité. Pour bloquer, il faut réunir au moins quatre États membres représentant plus de 35 % de la population.
    Source : Conseil de l'UE : le vote à la majorité qualifiée (relevé le 22/10/2026)· à vérifier
  • Les traités ont certes été ratifiés, mais leurs auteurs ne pouvaient mesurer les transferts de compétences accumulés depuis ; c'est précisément ce que la sortie ou une renégociation permettrait de rediscuter.
  • Le Royaume-Uni, qui a notifié sa sortie en 2017 et l'a achevée en 2020, montre que la procédure de l'article 50 est longue mais qu'elle va à son terme.

Point de vue2. Le budget et les prélèvements

La réalité supranationale

La France verse au budget européen par le prélèvement sur recettes (PSR-UE), évalué à 28,8 milliards d'euros en 2026. En retour, 16,5 milliards d'euros de dépenses de l'UE ont été réalisés sur son territoire en 2024 : elle verse plus qu'elle ne reçoit en dépenses sur son sol (écart d'environ 12 milliards d'euros, calcul du site ; ce n'est pas la « contribution nette » officielle).

Position souverainiste

L'argument

Ce mécanisme s'apparente à un prélèvement opéré sur l'argent des contribuables français pour financer des politiques décidées en dehors de l'intérêt national exclusif.

La perspective de rupture

En rompant avec ces flux croisés, l'argent versé au pot commun européen resterait dans les caisses de l'État, qui pourrait financer directement et selon ses propres choix les politiques publiques.

Limites et contre-arguments

Ce que lui opposent les sources

Réponse des souverainistes aux contre-arguments

Point de vue3. La monnaie et la dette

La réalité supranationale

L'appartenance à la zone euro prive la France de tout levier monétaire propre. La Banque centrale européenne fixe les taux et gère la monnaie unique. La France ne peut plus dévaluer sa monnaie pour retrouver de la compétitivité et subit un encadrement de sa dette publique et de ses déficits.

Position souverainiste

L'argument

La camisole monétaire de l'euro et les règles de Bruxelles ligoteraient l'État face à ses engagements financiers et empêcheraient toute politique de relance par la monnaie.

La perspective de rupture

Sortir de l'euro permettrait de recouvrer la liberté de battre monnaie, d'ajuster le taux de change et de redonner de l'oxygène à l'économie, même si la transition implique de convertir la dette (environ 3 500 milliards d'euros) et de faire face à la réaction des marchés.

Limites et contre-arguments

Ce que lui opposent les sources

  • 56 % de l'encours des titres négociables de l'État est détenu par des non-résidents : convertir la dette en monnaie nationale ferait porter la perte sur les créanciers, avec un risque de défiance et de taux d'intérêt plus élevés.
  • Si la dette restait en euros et que la nouvelle monnaie perdait 20 % face à l'euro, la dette exprimée en monnaie nationale augmenterait de 25 % (calcul du site, hypothèse).
  • Redénominer des contrats en euros serait long, partiel, et conduirait très probablement à des contrôles de capitaux.
    Source : CEPII, « Lex monetae : de quoi parle-t-on ? » (relevé le 22/10/2026)· à vérifier
  • Une monnaie qui se déprécie renchérit les importations, énergie fossile comprise. Aucune de nos sources ne chiffre ce choc pour la France.

Réponse des souverainistes aux contre-arguments

  • L'État a déjà redénominé l'ensemble de sa dette négociable par la loi, en un week-end, lors du passage à l'euro en 1999 : le précédent technique existe.
  • Même l'Institut Montaigne, pourtant critique de la sortie de l'euro, reconnaît que l'application de la lex monetae aux actifs financiers soulève des questions juridiques difficiles : le risque pour les créanciers n'est donc pas établi avec la certitude que les opposants lui prêtent.
  • Plusieurs pays de l'UE, comme la Suède, la Pologne ou le Danemark, ont conservé leur monnaie sans que leurs marchés de dette s'effondrent (position défendue, à documenter).

Point de vue4. Le commerce et les frontières

La réalité supranationale

La politique commerciale commune est confiée à la Commission européenne, qui négocie les accords de libre-échange pour l'ensemble des 27. À l'intérieur, le marché unique supprime les droits de douane et consacre la libre circulation des marchandises et des personnes (espace Schengen).

Position souverainiste

L'argument

Cette ouverture généralisée exposerait l'appareil productif français à une concurrence internationale jugée déloyale et retirerait au pays la maîtrise de ses frontières et des flux migratoires.

La perspective de rupture

Reprendre le contrôle des frontières et de la politique douanière permettrait de mettre fin à la libre circulation, de rétablir des droits de douane protecteurs et de relocaliser une partie de la production industrielle.

Limites et contre-arguments

Ce que lui opposent les sources

Réponse des souverainistes aux contre-arguments

  • Des pays hors UE commercent massivement avec elle grâce à des accords : la Suisse envoie environ la moitié de ses exportations vers l'UE (2024), plus que la France en proportion, sans en être membre.
    Source : economiesuisse : les accords bilatéraux Suisse-UE (2024) (relevé le 22/10/2026)· à vérifier
  • Un droit de douane en retour est un risque, mais l'Union exporte aussi beaucoup vers la France : elle aurait elle-même intérêt à un accord (argument avancé par les souverainistes, non chiffré par nos sources).

Point de vue5. L'énergie

La réalité supranationale

Le marché européen unifié de l'électricité impose des règles de concurrence et d'interconnexion qui lient la production française, historiquement nucléaire et bas-carbone, au marché continental.

Position souverainiste

L'argument

Ce système soumettrait les tarifs des consommateurs français à la logique des prix du continent, au lieu de leur faire profiter de la compétitivité de leur propre production nucléaire.

La perspective de rupture

Sortir du marché européen de l'électricité redonnerait à la France le pouvoir de fixer ses prix, d'organiser son monopole ou ses choix de production, et de valoriser son indépendance énergétique.

Limites et contre-arguments

Ce que lui opposent les sources

  • La France est exportatrice nette : 92 TWh en 2025 (provisoire), vendus à tous ses voisins sauf l'Espagne. Se couper du marché priverait EDF de ces débouchés et des interconnexions utiles en période de pointe.
  • Les sources que nous avons trouvées ne tranchent pas l'effet d'une sortie du marché européen sur les factures.

Réponse des souverainistes aux contre-arguments

Point de vue6. L'agriculture

La réalité supranationale

La Politique agricole commune verse environ 9,1 milliards d'euros par an à la France, mais soumet dans le même temps les agriculteurs à des réglementations communes, à des normes environnementales uniformes et à une concurrence accrue face aux importations mondiales.

Position souverainiste

L'argument

Les aides de la PAC agiraient comme une perfusion qui maintient sous tutelle une agriculture étouffée par les normes européennes et par les accords de libre-échange.

La perspective de rupture

Remplacer la PAC par un soutien national direct permettrait de libérer les agriculteurs des contraintes de Bruxelles et de protéger la souveraineté alimentaire de la nation.

Limites et contre-arguments

Ce que lui opposent les sources

Réponse des souverainistes aux contre-arguments

  • Les 9,1 Md€ de PAC proviennent en partie de la contribution française : le prélèvement de 28,8 Md€ finance bien plus que ce que la France reçoit en PAC (calcul du site). La question n'est donc pas « PAC contre rien » mais « qui décide de l'enveloppe et de ses règles ».
  • Des agriculteurs hors UE, suisses ou britanniques, sont soutenus par des aides nationales : un soutien décidé à Paris est possible (à documenter par pays).

Point de vue7. La défense

La réalité supranationale

Si la dissuasion nucléaire demeure strictement nationale, l'Union européenne intervient de plus en plus dans la coordination, le financement de projets militaires et l'industrie de l'armement.

Position souverainiste

L'argument

Toute construction d'une « défense européenne » menacerait d'affaiblir l'outil militaire français et de diluer l'autonomie stratégique au profit d'une structure supranationale jugée inopérante.

La perspective de rupture

Refuser les interférences de l'UE dans le domaine militaire réaffirmerait que la défense de la France ne se conçoit que par sa propre souveraineté, hors de toute tutelle fédérale.

Limites et contre-arguments

Ce que lui opposent les sources

  • La dissuasion nucléaire reste nationale dans l'UE comme hors de l'UE, et l'OTAN, distincte de l'UE, reste le cadre de défense collective de la plupart des États membres.
  • Les coopérations industrielles et les financements européens de défense seraient à renégocier ; leur poids exact n'a pas été chiffré dans nos sources.

Réponse des souverainistes aux contre-arguments

  • Le Royaume-Uni, hors de l'UE, garde sa dissuasion et vient de convenir avec Paris de coordonner les deux dissuasions : une coopération de défense de premier plan existe sans appartenir à l'Union.
  • Des coopérations industrielles se négocient d'État à État (traités bilatéraux), sans passer par l'UE : leur renégociation n'est pas en soi une perte (argument défendu, non chiffré par nos sources).

Les arguments de chaque camp

Pour une France plus autonome

  • Reprendre le pouvoir de décider seul de la loi, des frontières, de la monnaie et de la politique commerciale.
  • Ne plus verser le prélèvement sur recettes (28,8 Md€ prévus en 2026) et réaffecter cet argent.
  • Pouvoir ajuster son taux de change et ses taux d'intérêt aux besoins de l'économie française.
  • Protéger des secteurs (agriculture, industrie) par des droits de douane et des prix planchers.
  • Retrouver le contrôle de l'énergie, sans les règles européennes de concurrence.

Contre une sortie

  • Perdre l'accès sans friction au marché unique, destination d'environ 59 % des exportations de biens (2018).
  • Renoncer à environ 16,5 Md€ de dépenses de l'UE en France, dont 9,1 Md€ de PAC, ou les financer soi-même.
  • Devoir convertir ou refinancer une dette d'environ 3 500 Md€, détenue à 56 % par des non-résidents pour les titres négociables.
  • Un risque de fuite des capitaux, de contrôle des capitaux et d'inflation importée pendant la transition.
  • La perte d'influence dans les décisions européennes, dont la France est l'un des grands acteurs.
  • Une période d'incertitude longue : deux ans de négociation, puis une relation future à construire, comme le montre le Brexit.

Ce que proposent les formations

Les mesures sur l'Europe recensées dans leurs documents, telles que publiées, avec leur source. Les formations sans mesure sur ce thème n'apparaissent pas.

HorizonsÉdouard Philippe
  • Porter en Europe une liste noire européenne des pays producteurs et de transit de drogue pour faire pression sur les pays peu coopératifs.Non chiffré · Le plan d'Édouard Philippe contre le narcotrafic - Horizons Le parti, Section 3/, « Assumer le rapport de force diplomatique »
La France insoumiseJean-Luc Mélenchon
  • Demander à la BCE de recourir à de nouveaux programmes de rachat de dettes souveraines, ou de geler ou annuler la part de dette publique qu'elle détient, sans révision des traités.Non chiffré · Comment nous allons remettre de l'ordre dans les comptes publics, Partie 5, « Sortir de la dépendance aux marchés financiers », p. 20
Portrait de Florian PhilippotFlorian PhilippotLes PatriotesPrésident du partiPhoto : Films et documentaires, CC BY 4.0 · crédits
  • Quitter toutes les instances supranationales : Union européenne, euro, Schengen, CEDH, OTAN, OMS.Non chiffré · Grandes orientations pour un projet patriote + Le Frexit en 10 questions (édition 2026-2027), Introduction, encadré d'ouverture
  • Sortir de l'euro, instaurer une monnaie nationale (1 nouveau franc = 1 euro au départ) et réformer la Banque de France.Non chiffré · Grandes orientations pour un projet patriote + Le Frexit en 10 questions (édition 2026-2027), Industrie, commerce et emploi ; Redresser les finances publiques
Les RépublicainsBruno Retailleau
  • Interdire par une loi organique toute sur-transposition des directives européennes : la France n'imposerait pas plus que ce que l'Europe exige.Non chiffré · Nos propositions pour la France : Réarmer notre agriculture, Proposition 3, p. 16
  • S'opposer au projet européen d'interconnexions électriques « European Grid Package » (730 Md€ annoncés) et saisir la Cour de justice de l'Union européenne si la Commission excède ses compétences.Non chiffré · Nos propositions pour la France : Notre électricité décarbonée, bon marché, pour tous les Français, Proposition 9, p. 33-35
  • Porter au niveau européen des clauses de réciprocité dans les accords commerciaux, renforcer le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières et s'opposer à l'intégration de l'Ukraine au marché agricole européen.Non chiffré · Nos propositions pour la France : Réarmer notre agriculture, Proposition 10, p. 35-36
Parti socialisteRaphaël Glucksmann
  • Multiplier par trois le budget européen (3 % du PIB européen) grâce à des ressources propres et un emprunt commun.Coût annoncé : Emprunt commun de 500 milliards d'euros · Le Projet socialiste, « Vivre libres », Chapitre 4, Donner à l'Europe les moyens de ses ambitions
  • Réviser les traités et les règles budgétaires européennes, et réserver les accords de libre-échange aux pays aux standards équivalents.Non chiffré · Le Projet socialiste, « Vivre libres », Chapitre 4, Défendre un modèle social, écologique et démocratique
Rassemblement NationalMarine Le Pen
  • Baisser la contribution française au budget de l'Union européenne.Coût annoncé : Économie : 8,7 Mds€ · Contre-budget 2026 (conférence de presse du 23 octobre 2025), Synthèse « Dépenses inefficaces » et tableau annexe
  • Refuser tout impôt européen et tout nouvel emprunt de la Commission, et transformer la Commission en secrétariat général du Conseil.Non chiffré · Programme des élections européennes du 9 juin 2024 (« Notre projet pour une Europe des nations »), Partie 3 (« L'Europe qui respecte »)
  • Instaurer un moratoire sur les nouveaux accords de libre-échange de l'UE et une taxe carbone aux frontières européennes.Non chiffré · Programme des élections européennes du 9 juin 2024 (« Notre projet pour une Europe des nations »), Partie 1, point 1
Reconquête
  • Revenir au budget de l'Union européenne d'avant le Covid et réaliser des économies sur la dotation française.Coût annoncé : 14 Md€ · 140 milliards d'économies par an : le plan de Sarah Knafo, Mesure 15, section 04 Relations internationales et immigration
RenaissanceGabriel Attal
  • Créer une politique industrielle et d'innovation commune européenne aux moyens au moins triplés, avec une préférence européenne dans les achats publics de technologie et de défense.Non chiffré · Pour une nouvelle donne économique et climatique, p. 17-18

Ce que nous ne savons pas

  • Nous n'avons trouvé aucune étude économique récente et indépendante qui chiffre le coût global d'une sortie de la France ; les chiffrages disponibles sont anciens ou militants, et nous ne les reprenons pas.
  • Plusieurs sources sont secondaires (presse, amendement citant un organisme) : elles sont marquées « à vérifier ». Les pages des administrations bloquent parfois la lecture automatique.
  • Le tableau compare des ordres de grandeur de natures différentes (flux annuels, stocks de dette, parts de marché) : ils ne s'additionnent pas.
  • Cette page ne dit pas s'il faut sortir de l'UE. Elle montre ce que la sortie et la souveraineté monétaire impliquent, pour que les promesses soient comparées à leur prix.

Les promesses face aux traités

Incompatible en l'étatPossible sous conditions ou en partieRéalisable dans le cadre actuel
Famille politique

Négatif (5)Incompatible avec les traités en l'état

« Priorité nationale pour l'emploi et l'accès au logement social »

Incompatible avec le droit de l'UE en l'état

Textes : Articles 18 et 45 du TFUE

Analyse : Le droit de l'UE interdit toute discrimination fondée sur la nationalité entre citoyens de l'Union (article 18) et garantit la libre circulation des travailleurs (article 45). Une préférence réservée aux nationaux français, au détriment d'autres citoyens européens, est incompatible avec ces textes.

Marge de manœuvre : Une modification des traités ou une sortie de l'UE. Une préférence visant seulement des ressortissants de pays tiers relève d'un autre cadre juridique.

« Faire racheter ou annuler la dette publique détenue par la BCE »

Annulation incompatible avec les traités en l'état

Textes : Articles 123, 130 et 282 TFUE

Analyse : L'article 123 interdit à la BCE et aux banques centrales de financer directement les États, et l'article 130 garantit l'indépendance de la BCE : un gouvernement ne peut pas lui imposer d'annuler ou de geler une dette. La BCE a déjà acheté de la dette sur le marché secondaire (programmes d'achat d'actifs), mais selon ses propres décisions, sans engagement d'annulation.

Marge de manœuvre : Modification des traités à l'unanimité ; sans cela, demander à la BCE de poursuivre ses achats reste de sa seule appréciation.

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« Rétablir la primauté du droit français sur toute norme européenne par référendum »

Incompatible avec l'appartenance à l'UE

Textes : Arrêt Costa c/ ENEL (1964) ; articles 4 et 19 TUE ; article 88-1 de la Constitution

Analyse : La primauté du droit de l'UE est un principe posé par la Cour de justice et appliqué par tous les États membres. Une primauté nationale générale est incompatible avec l'appartenance à l'Union, que la France resterait seule à contester. Le Conseil constitutionnel reconnaît toutefois des limites par les « principes inhérents à l'identité constitutionnelle de la France ».

Marge de manœuvre : Sortie de l'UE, ou négociation d'une révision des traités à l'unanimité ; la voie de l'identité constitutionnelle est étroite.

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« Sortir du marché européen de l'électricité et rétablir un monopole d'EDF »

Monopole : incompatible. Tarif réglementé : possible sous conditions

Textes : Directive (UE) 2019/944 ; article 106 TFUE ; règlement (UE) 2019/943

Analyse : Le marché intérieur de l'électricité repose sur l'ouverture à la concurrence de la production et de la fourniture, et sur des règles de formation des prix communes. Un tarif réglementé peut subsister dans des conditions définies, mais un monopole de fourniture et une sortie du marché européen n'y sont pas compatibles.

Marge de manœuvre : Modification des textes européens (majorité qualifiée) ou sortie du marché de l'électricité.

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Portrait de Florian PhilippotFlorian PhilippotLes PatriotesPrésident du partiPhoto : Films et documentaires, CC BY 4.0 · crédits

« Quitter l'euro »

Aucune procédure de sortie prévue en restant dans l'UE

Textes : Articles 3 TUE et 119 à 140 TFUE

Analyse : Les traités ne prévoient pas de sortie de la zone euro tout en restant dans l'Union : la monnaie unique est un objectif de l'Union pour tout État membre qui remplit les conditions. La sortie de l'euro serait donc une négociation politique ou accompagnerait la sortie de l'UE.

Marge de manœuvre : Révision des traités à l'unanimité, ou sortie de l'Union (article 50 TUE).

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Neutre (12)Possible sous conditions ou en partie

« TVA à 5,5 % sur l'énergie et les carburants »

Électricité et gaz : possible. Carburants : unanimité requise

Textes : Directive 2006/112/CE (système commun de TVA), annexe III

Analyse : La directive ne permet les taux réduits que pour les catégories listées dans son annexe III. La fourniture d'électricité et de chauffage urbain y figure, ainsi que celle de gaz naturel jusqu'au 1er janvier 2030 : un taux réduit est donc possible dans le cadre actuel. Les carburants routiers n'y figurent pas, et modifier la liste exige l'unanimité du Conseil.

Marge de manœuvre : Électricité et gaz : décision nationale dans les limites de la directive. Carburants : accord des 27 États membres.

« Blocage des prix de l'énergie et des produits de première nécessité »

Possible sous conditions, précédent existant

Textes : Directive (UE) 2019/944, article 5 ; article 34 TFUE

Analyse : Les traités n'interdisent pas par principe un encadrement des prix. La directive sur le marché de l'électricité autorise des prix réglementés pour les ménages dans des conditions définies, et la France a appliqué un bouclier tarifaire de 2021 à 2024. Pour les biens de consommation courante, un gel des prix doit respecter la libre circulation des marchandises et sera apprécié au cas par cas.

Marge de manœuvre : Un dispositif ciblé, limité dans le temps et justifié est conforme ; un gel général et durable est exposé à un contentieux.

« Nationalisation et monopole public du secteur de l'énergie »

Nationalisation possible, monopole de fourniture non

Textes : Article 345 TFUE ; directives 2009/72/CE puis (UE) 2019/944

Analyse : Les traités ne préjugent pas du régime de propriété : une nationalisation est possible, comme l'a montré celle d'EDF en 2023. En revanche, un monopole public de la fourniture contredit l'obligation d'ouvrir la production et la fourniture d'électricité à la concurrence.

Marge de manœuvre : Propriété publique dans le cadre actuel ; monopole : modification des directives ou sortie du marché européen de l'électricité.

« Réduire les déficits sans austérité »

Contrainte forte sur la trajectoire, choix nationaux sur les moyens

Textes : Règlement (UE) 2024/1263 (volet préventif) et procédure de déficit excessif (article 126 TFUE)

Analyse : La France est en procédure de déficit excessif depuis 2024, son déficit dépassant 3 % du PIB. Elle doit suivre une trajectoire d'ajustement pluriannuelle négociée avec la Commission. Le rythme et la composition de l'effort (dépenses, recettes) restent des choix nationaux.

Marge de manœuvre : Étalement de l'effort jusqu'à 7 ans possible avec un plan d'investissements et de réformes agréé.

« Refuser tout impôt européen et transformer la Commission en secrétariat général du Conseil »

Refus de l'impôt : possible. Commission : révision des traités

Textes : Articles 17 TUE et 311 TFUE

Analyse : Refuser un impôt européen est à la portée de la France : toute création de ressource propre exige l'unanimité du Conseil et la ratification par chaque État. En revanche, la Commission est une institution indépendante qui détient le monopole de l'initiative législative (article 17 TUE) : la réduire à un secrétariat du Conseil suppose de modifier les traités.

Marge de manœuvre : Veto à l'unanimité pour les ressources propres ; pour la Commission, révision des traités à l'unanimité des 27.

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« Moratoire sur les nouveaux accords de libre-échange et taxe carbone aux frontières »

Dépend d'une majorité au Conseil ; taxe carbone déjà en place

Textes : Article 207 TFUE ; règlement (UE) 2023/956

Analyse : La politique commerciale relève de la compétence exclusive de l'Union : la France ne peut pas suspendre seule les négociations, mais elle vote au Conseil et peut bloquer les accords dits « mixtes », qui exigent une ratification nationale. Un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières existe déjà (règlement 2023/956, phase transitoire depuis 2023).

Marge de manœuvre : Alliances au Conseil, refus de ratifier les accords mixtes, durcissement du mécanisme carbone existant.

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« Sortir de Schengen et rétablir le contrôle aux frontières »

Contrôles temporaires : possible. Contrôle permanent : hors cadre

Textes : Règlement (UE) 2016/399 (code frontières Schengen), articles 25 à 28

Analyse : Le code frontières permet à un État de rétablir temporairement des contrôles aux frontières intérieures en cas de menace grave, pour des durées limitées et renouvelables sous conditions ; la France en applique depuis 2015. Un contrôle permanent et général suppose de quitter l'espace Schengen, ce que les textes n'organisent pas explicitement.

Marge de manœuvre : Prolongations motivées et notifiées à la Commission ; sortie définitive : négociation politique avec les autres États.

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« Revenir au budget européen d'avant le Covid et réduire la contribution de la France »

Négociation à l'unanimité à chaque cadre financier

Textes : Article 312 TFUE ; décision (UE, Euratom) 2020/2053 sur les ressources propres

Analyse : Le cadre financier pluriannuel est adopté à l'unanimité par le Conseil, et la décision sur les ressources propres exige l'approbation de chaque État. La France dispose donc d'un veto lors des négociations, mais ne peut pas réduire seule sa contribution, qui découle de ces textes.

Marge de manœuvre : Veto lors de la négociation du prochain cadre financier (2028-2034).

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« Taxe de 2 % sur le patrimoine des plus de 100 millions d'euros, avec durée d'assujettissement pour les émigrés fiscaux »

Possible, avec une clause de départ proportionnée

Textes : Articles 63 et 65 TFUE ; jurisprudence de la CJUE sur l'imposition de départ

Analyse : La fiscalité directe reste une compétence nationale. La libre circulation des capitaux (article 63) et la liberté d'établissement encadrent cependant les mesures visant ceux qui quittent le pays : la CJUE a admis des impositions de départ proportionnées, avec possibilité d'étaler le paiement. Le principal obstacle est constitutionnel plutôt qu'européen.

Marge de manœuvre : Dispositif de suivi proportionné et étalement du paiement pour les départs vers un autre État membre.

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« Préférence européenne dans les achats publics de technologie et de défense »

Possible par des règles européennes nouvelles, pas par la France seule

Textes : Directive 2014/24/UE ; accord de l'OMC sur les marchés publics ; directive 2009/81/CE (défense)

Analyse : Les directives sur les marchés publics reposent sur l'égalité de traitement des opérateurs européens, mais obligent à ouvrir les marchés aux États tiers couverts par l'accord de l'OMC. Une préférence européenne systématique exigerait de modifier les règles ; elle existe déjà dans certains instruments de défense et de numérique.

Marge de manœuvre : Négociation au Conseil à la majorité qualifiée pour de nouveaux instruments communs.

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« Sortie progressive des pesticides de synthèse à l'horizon 2050 »

Partiellement possible : les interdictions sont européennes

Textes : Règlement (CE) 1107/2009 ; directive 2009/128/CE ; politique agricole commune

Analyse : L'approbation des substances actives est décidée au niveau européen : un État ne peut pas les interdire seul, hors clause de sauvegarde. Il peut en revanche encadrer l'usage de produits autorisés, soutenir des alternatives et orienter les aides de la PAC. Une sortie complète dépend donc d'abord des décisions européennes.

Marge de manœuvre : Usages encadrés au niveau national ; interdictions de substances par les règles de l'UE ; aides de la PAC.

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« Limiter aux citoyens français les prestations sociales non contributives (RSA, APL, allocations familiales) »

Impossible pour les citoyens de l'UE, possible pour les pays tiers

Textes : Article 18 TFUE ; règlement (CE) 883/2004 ; directive 2004/38/CE, article 24

Analyse : Les citoyens de l'Union qui travaillent en France ou y résident régulièrement bénéficient de l'égalité de traitement en matière sociale, avec des limites pour les personnes sans activité. Une réserve aux seuls Français serait contraire à ce principe ; elle reste possible vis-à-vis des ressortissants de pays tiers, dans le cadre des directives et de leurs droits.

Marge de manœuvre : Condition de résidence ou d'activité plutôt que de nationalité ; pour le reste, modification des traités ou sortie de l'UE.

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Positif (10)Réalisable dans le cadre actuel

Portrait de Florian PhilippotFlorian PhilippotLes PatriotesPrésident du partiPhoto : Films et documentaires, CC BY 4.0 · crédits

« Quitter l'Union européenne »

Possible : le droit de retrait est prévu par les traités

Textes : Article 50 TUE

Analyse : Tout État membre peut décider de se retirer conformément à ses règles constitutionnelles et le notifie au Conseil européen. Les traités cessent de s'appliquer à la date de l'accord de retrait, ou deux ans après la notification, sauf prolongation unanime. Le droit est donc ouvert ; ses effets (échanges, financements, citoyens) dépendent de la négociation.

Marge de manœuvre : Notification, accord de retrait en deux ans (prolongeable à l'unanimité), puis nouvel accord commercial.

« Interdire par une loi organique toute sur-transposition des directives européennes »

Réalisable dans le cadre actuel

Textes : Article 288 TFUE ; articles 34 et 88-4 de la Constitution

Analyse : Les directives lient les États quant au résultat, en laissant le choix des moyens : la France peut transposer sans ajouter de contraintes, et rien ne l'en empêche. Une loi organique ne lierait cependant pas durablement le législateur futur, et dans certains domaines l'harmonisation est totale, ce qui exclut tout ajout.

Marge de manœuvre : Instruction aux ministères et contrôle parlementaire ; l'interdiction juridique durable est discutable.

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« Porter le SMIC à 1 700 euros net »

Réalisable : le niveau du SMIC est une décision nationale

Textes : Article 153, paragraphe 5, TFUE ; directive (UE) 2022/2041 sur les salaires minimaux adéquats

Analyse : Les rémunérations échappent à la compétence de l'Union (article 153, paragraphe 5) : le niveau du salaire minimum est fixé par chaque État. La directive de 2022 demande seulement des critères de fixation clairs et une négociation collective, sans imposer de montant ni plafonner.

Marge de manœuvre : Décret ou loi nationale ; l'effet sur l'emploi et sur les finances publiques relève du débat économique, pas du droit européen.

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« Porter le SMIC à 1 600 euros net par mois »

Réalisable : décision nationale

Textes : Article 153, paragraphe 5, TFUE ; directive (UE) 2022/2041

Analyse : Le salaire minimum est de compétence nationale ; la directive de 2022 n'en fixe pas le niveau et ne l'interdit pas de le relever.

Marge de manœuvre : Décision du gouvernement et du Parlement, dans le cadre de la loi française.

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« Rétablir la retraite à 60 ans à taux plein »

Réalisable juridiquement, contrainte par la trajectoire budgétaire

Textes : Article 153 TFUE ; règlement (UE) 2024/1263 (trajectoire budgétaire)

Analyse : Les régimes de retraite relèvent des États : aucun texte européen ne fixe l'âge de départ. Le coût d'une telle réforme doit toutefois entrer dans la trajectoire de réduction du déficit que la France a convenue avec la Commission.

Marge de manœuvre : Loi nationale ; financement à prévoir dans le plan budgétaire pluriannuel.

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« Repas à 1 euro dans toutes les cantines scolaires »

Réalisable : compétence nationale et locale

Textes : Article 6 TFUE (éducation : compétence d'appui de l'UE)

Analyse : L'éducation et la restauration scolaire relèvent des États et des collectivités : l'Union ne fait que les appuyer. Une aide pour réduire le prix des repas n'est pas une aide d'État à des entreprises.

Marge de manœuvre : Financement par l'État et les collectivités ; aucun accord européen nécessaire.

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« Supprimer le droit du sol »

Réalisable au regard du droit de l'UE

Textes : Articles 9 TUE et 20 TFUE ; arrêts Micheletti (1992) et Rottmann (2010) de la CJUE

Analyse : Les règles d'acquisition de la nationalité sont fixées par chaque État membre, l'Union reconnaissant le résultat. La CJUE demande seulement de respecter le droit de l'Union (proportionnalité) quand une décision fait perdre la citoyenneté européenne. Le principal cadre est constitutionnel et conventionnel (Conseil constitutionnel, droits fondamentaux), pas européen.

Marge de manœuvre : Loi, ou révision constitutionnelle selon l'analyse du Conseil constitutionnel.

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« Référendum d'initiative citoyenne législatif dans la Constitution »

Réalisable : révision constitutionnelle

Textes : Articles 3, 11 et 89 de la Constitution ; article 4 TUE

Analyse : L'organisation des institutions est une compétence nationale. Un tel référendum serait possible, mais ses résultats ne pourraient pas contredire le droit de l'Union, qui prime sur la loi, y compris sur celle votée par le peuple.

Marge de manœuvre : Révision par le Parlement (Congrès) ou par référendum ; les lois adoptées restent soumises au droit de l'UE.

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« Recruter 10 000 douaniers et policiers aux frontières »

Réalisable : recrutement national

Textes : Article 72 TFUE ; règlement (UE) 2016/399

Analyse : L'ordre public et la sécurité intérieure restent de la responsabilité des États (article 72). Recruter des agents est une décision nationale ; le déploiement de contrôles aux frontières intérieures reste encadré par le code frontières Schengen.

Marge de manœuvre : Budget national ; contrôles aux frontières intérieures soumis aux conditions du code Schengen.

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« Compte social unique plafonnant le total des aides à 70 % du SMIC net »

Réalisable si le plafond s'applique de la même façon à tous

Textes : Articles 153 et 48 TFUE ; règlement (CE) 883/2004

Analyse : La protection sociale et le niveau des prestations relèvent des États. Un plafond appliqué à tous les bénéficiaires, sans distinction de nationalité, est compatible. Il ne devrait pas défavoriser des travailleurs d'autres États membres par rapport aux nationaux.

Marge de manœuvre : Loi nationale ; contrôle du Conseil constitutionnel plutôt que de la Commission.

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Ce que montre ce crash-test

Certaines promesses exigent de modifier les traités, ce qui pose la question de leur révision ou d'une sortie. D'autres sont réalisables aujourd'hui, et d'autres encore dépendent des conditions de mise en œuvre. Dire laquelle est laquelle, texte à l'appui, est le but de cette page.